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venerdì 27 novembre 2015

Gouvernement – CNES : Commencer à faire ce que les autres pays font déjà

« Tout a été dit mais n’est sourd que celui qui ne veut pas entendre, » avait tiré comme conclusion un ancien cadre du ministère du Commerce, à la fin des débats organisés, lundi, par le Conseil national économique et social, à la résidence El Mithak.
« Le format inédit» que le président du CNES voulait donner au rapport sur la conjoncture économique et sociale du pays, dans son édition du 1er semestre 2015, s’est décliné à travers le choix de trois thématiques que des panels ont exposées et ont soumis à débat, à l’assistance, venue de divers horizons. L’idée de débats interactifs à l’occasion de la présentation d’une note de conjoncture est, certes, nouvelle mais elle est reconduite dans divers espaces, à chaque fois que le gouvernement veut donner une légitimité à ses décisions et à ses politiques publiques. Pour cette fois, le CNES l’a placé sous l’intitulé : «Pause-arrêt sur image sous éclairage de la conjoncture», ceci, sans craindre de faire dans le pléonasme.
Les diagnostics déjà dressés depuis une trentaine d’années, ont été (re)convoqués, lundi dernier, pour la circonstance. L’impératif besoin du pays à devoir diversifier son économie pour la sortir des griffes de la rente des hydrocarbures a été exprimé tout au long des travaux du CNES. Le constat est connu.
Il est même devenu une redondance dans le discours des politiques et des experts. C’est le troisième panel qui devait «ramasser» l’idée pour toucher du doigt «les vulnérabilités institutionnelles, sociétales et environnementales» qui grefferaient son accomplissement. Notons que c’est la première fois que le CNES introduit, dans ses travaux, la dimension environnementale.
Les débats ont buté dans leur ensemble sur la «fausseté» de l’information statistique que ce soit chez les représentants du gouvernement ou chez les experts. «Tout le système de l’information statistique doit être, profondément, revu parce qu’il fonctionne encore sur des bases édictées en 1983,» a déclaré le ministre de l’Industrie et des Mines. Il estime qu’il n’est plus permis de s’y référer parce qu’a-t-il rappelé «l’économie nationale a eu trois programmes de restructurations, en plus d’un long passage devant le FMI.» La revendication de données statistiques faibles n’est pas non plus nouvelle. Elle a été, de tout temps, exposée dans les nombreux rapports du CNES, depuis même sa création en 1994. Son président, Mohamed Salah Mentouri, en avait fait presque un leitmotiv. Ce qui lui avait toujours valu des prises de bec avec le gouvernement.
Aujourd’hui, l’affirmation de Abdesselam Bouchouareb signifie que toutes les évaluations des politiques publiques sont fausses et par conséquent, en faussent les objectifs, les résultats et les perspectives.»
«IL NOUS FAUT UN NOUVEAU SNAT !»
Le ministre du Tourisme renchérit ce constat en annonçant, pour le mois de décembre, la tenue des assises sur l’aménagement des territoires avec comme objectif premier, la révision du SNAT (Schéma national de l’aménagement du territoire), tant cher à Cherif Rahmani alors ministre de l’Environnement. Amar Ghoul veut valider son idée de révision du SNAT, en soulignant que tous ses objectifs ont été arrêtés «sur la base de la rente des hydrocarbures». Pour lui, «il faut tout aménager, organiser les territoires, créer l’attractivité, la complémentarité(…) sur la base d’autres ou de nouvelles données». Ce qui le laisse prédire que «l’économie diversifiée n’est pas pour aujourd’hui, ni demain, ni sur le court terme, il faut la préparer dans le cadre d’un nouveau SNAT». Le professeur Chems-Eddine Chitour recadre la question en notant «l’importance d’un ONS (Office national des statistiques) opérationnel». Un autre expert intervient sur des questions de gouvernance, en soutenant que «l’Etat algérien étant créancier en termes de dettes nettes, je ne vois pas d’éléments de crise, le pays n’est pas en crise mais nous avons peur de nous-mêmes, nos graisses commencent à fondre, les ressorts risquent de casser». L’expert affirme que «nous ne savons rien vendre à part ce qui nous vient du sol». Entre autre réponse de Bouchouareb «nous avons une relation coupable avec la richesse». Il avouera, au passage, que «le projet Renault a été fait au titre d’une action volontariste politique». Dans son plaidoyer en faveur des nouvelles options du gouvernement pour lancer une économie hors hydrocarbures, le ministre de l’Industrie et des Mines appelle, le ministre des Finances «à mettre le paquet pour pouvoir saisir les opportunités qui se présentent au pays». Bouchouareb veut ainsi, entraîner Benkhelfa sur le rythme «de création de richesses» qu’il affirme vouloir donner à l’économie nationale. «Le ministère des Finances reste, malgré lui, une citadelle des temps passés», a-t-il soutenu quelque peu avant.
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APPEL A «UN ONS OPERATIONNEL»
«Arrêtons de faire trop dans le populisme, il faut qu’on attaque les problèmes d’une manière frontale, il faut aller ensemble sur le terrain,» a recommandé Ghoul.
Le professeur Chitour plaide en faveur de «l’élément humain» et «s’attaque» à l’Université qu’il qualifie de «roue libre» parce que, dit-il «elle est loin de la problématique de sortie de la rente». Il en explique les raisons. «Nous avons une Université qui a plus de 50.000 enseignants, 1,5 million d’étudiants, nous avons 150.000 diplômés par an, mais cette université ne produit rien, elle ne suit pas le développement, on a mis en place un hybride qu’on appelle le LMD qui est un saucissonnage de l’enseignement universitaire». Chitour affirme que l’homme nouveau n’existe toujours pas en Algérie. «Nous avons près de 10.000 thèses, chaque année, mais sur une chose qui n’a pas d’implication parce que l’Université n’est pas en phase avec la réalité du monde, elle ne crée pas de valeur ajoutée, pour le pays», explique le professeur.
Il demande, alors, essentiellement à «questionner l’acte pédagogique sur lequel l’Université doit être jugée». Il estime que «10.000 thèses doivent donner 10.000 idées, donc 10.000 startups». Ce qui le laisse dire «je rêve d’une ANSEJ universitaire». Mais pour l’heure, il demande «des états généraux, on doit mettre tout à plat». Le professeur pense que «le développement durable commence à l’école, on doit instituer un baccalauréat développement durable et en faire des métiers». Il interroge «quel est le modèle énergétique que nous devons adopter, à l’horizon 2030 ?» D’ou «la nécessité de données statistiques fiables et un ONS opérationnel». Il rappelle que «l’Algérie possède 250 sources thermiques, et on chauffe les stations thermales au gaz naturel !» Chitour veut «pour chaque calorie exportée, une calorie renouvelable, c’est de savoir-faire dont on a besoin, il nous faut une vision nouvelle». Il rappelle des faits. «L’Algérie s’engage à diminuer de 22% les effets de serre mais à l’étranger on nous demande contre quoi, moi je pense qu’il nous faut des financements pour développer nos énergies renouvelables, il faut être agressif pour en débloquer».
«IL NOUS FAUT UN DONNEUR D’ORDRES»
Chitour se penche sur la question des transferts sociaux et affirme que «80% de ces transferts profitent à ceux qui peuvent payer, à peine 20% vont à ceux qui ne le peuvent pas». Il adhère à l’idée de l’augmentation du prix des carburants pour lancer «c’est bien, ça veut dire qu’on est en train de prendre un virage, plus rien ne sera gratuit».
Il y a près d’un mois, le professeur Mohamed Bahloul nous disait que l’Algérie a besoin d’un donneur d’ordres pour remettre les choses en place». Lundi dernier, c’est comme si les experts s’étaient donné le mot pour reprendre cette exigence. Amar Belhimer réclame «nous avons besoin d’un chef d’orchestre, nous devons aussi renforcer l’action du droit». Un autre expert le suit et déclare «l’Algérie a besoin de quelqu’un qui donne l’ordre».
A toutes ces préoccupations, le gouvernement répond par la voix de son ministre du Tourisme. Amar Ghoul est le seul ministre à être resté jusqu’à la fin des travaux du CNES. «La transition énergétique veut dire substitution, ce n’est pas un choix, c’est une obligation. L’Algérie a beaucoup de soleil, c’est donc l’énergie solaire qui est la plus facile à produire, mais ça coûte trop cher». Pour lui, «les énergies renouvelables ont un prix très fort parce que ça nécessite une industrie lourde, une armée de techniciens, un gros budget, il faut qu’elles soient exportables et en plus, il faut une adhésion populaire». A propos des transferts sociaux, Ghoul explique que «tout ce qui est social est un acquis du 1er Novembre, il faut corriger ces transferts, les réorienter, d’une manière rationnelle, on doit cibler les couches vulnérables tout en évitant de rester prisonnier du super-populisme.» Quand à l’université, Ghoul pense que «c’est un acquis extraordinaire.»
Un académicien le reprend pour souligner «l’Université n’est pas obligée de porter le fardeau du nombre, si on continue, on va la clochardiser, on ne peut pas faire du social avec l’Université, c’est un danger pour la Nation.» L’intervenant interroge à propos des transferts sociaux «est-ce qu’on est capable de cibler ?» et recommande «il faut aller vers le juste prix, l’économie réelle.»
«SI ON RATE CETTE FENETRE, ON VA VERS LA DERIVE»
Le président du CNES annonce la fin des travaux non sans rappeler certaines réalités amères. «Il nous faut traiter les risques avant qu’ils ne deviennent des menaces». Mohamed-Seghir Babes n’a pas hésité, pour cette fois, à esquisser des réponses qui doivent certainement fâcher les gouvernants. «La rencontre du gouvernement avec le collège d’experts a été un moment fort qui a ébranlé la citadelle, un conseil de gouvernement doit être tenu, prochainement, pour en examiner les recommandations,» a-t-il tenu à rappeler. Il ira jusqu’à reconnaître «vive la crise si ça peut nous offrir ce moment d’observer les choses en face, mais on ne peut voir une chose et faire son contraire». Tout en notant, au passage, qu’ «on a été floué par l’accord d’association», le président du CNES tente d’expliquer les vulnérabilités de l’économie nationale et avoue que «jusque-là, on était dans une chose qui n’avait pas de sens, du point de vue politique publique». Il affirme «on est dans des faux semblants qui n’ont plus de promesses pour l’avenir». Il estime qu’ «il est temps de réorienter l’Université sur l’acte pédagogique». Il rappelle encore les «réalités» rapportées par le rapport sur la conjoncture économique et sociale du pays en notant «voila pourquoi nous ne pouvons plus nous payer le luxe de nous tromper».
Pour lui «il faut qu’on démarre des processus, il faut engager des processus de résilience». La diversification de l’économie nationale est pour lui «une bataille du destin, si on rate cette fenêtre, on va vers la dérive (nrouhou leloued)». Il affirme, encore, «on est le seul pays au monde qui a quitté le versant de l’économie administrée en 1986, on est en 2015 et on n’a pas encore atteint la rive de l’économie de marché, on est toujours en train de transiter». Il estime que «l’Algérie est face à la nécessité impérieuse de commencer à faire ce que les autres pays font déjà». Babes pense qu’«il nous faut nous replacer dans une logique avec nous-mêmes, il faut qu’on soit rationnel».

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