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martedì 3 novembre 2015

« La révolution n’avait d’autre choix que de supprimer Abane ! », Ferhat Mehenni réagit




thumb (25).jpgLes graves déclarations tenues par Dahou Ould KAblia, ancien ministre de l’Intérieur et président de l’association des anciens du Malg sur les circonstances de l’ignoble assassinat d’Abane Ramdane en 1957 au Maroc ont fait réagir Ferhat Mehenni, président du Gouvernement provisoire kabyle.
du déclenchement de la guerre d’indépendance algérienne (01/11), l’ex «Malgache» et ex ministre de l’intérieur algérien qui voulait créer un mouvement kabyle contre la Kabylie, M. Dahou Ould Kablia justifie l’assassinat d’Abane Ramdane. (http://www.echoroukonline.com/ara/mobile/articles/259859.html).
Même si nous savons que ce n’est là qu’un contre-feu que le régime colonial algérien allume pour faire oublier la reconnaissance du droit du peuple kabyle à son autodétermination par le Maroc devant l’assemblée générale de l’ONU, cette sortie appelle une réponse de notre part pour remettre les choses en place.
D’après cet apparatchik, «…la vision de Abane était isolée et qu’il n’avait pas de partisans. En outre, il méprisait délibérément ses compagnons du djihad. Je le dis, cet homme avait de l’orgueil»
Première leçon : Attention ! Que chacun le sache : Au royaume malgache (MALG), la solitude est un crime pour lequel on vous tue. Si cet isolement est doublé d’orgueil, vous êtes condamné à atroce strangulation, jusqu’à ce que mort s’ensuive.
Deuxième leçon : Ouf ! Abane n’était donc pas le traître pour lequel d’aucuns voulaient le faire passer. Le moins que l’on puisse dire est que cette version des fait d’Ould Kablia est en totale contradiction avec celle du non moins raciste et haineux feu Ali Kafi qui accusait Abane d’intelligence avec l’ennemi.
Ould Kablia continue : « Abane Ramdane avait une perception différente de la gestion de la Révolution, il était en total désaccord avec les autres dirigeants militaires ». « Ce point de discorde entre Abane et les chefs militaires de la Révolution s’est transformé au fil du temps en une question de vie ou de mort ! En fait, si vous voulez une réponse à votre question sur la liquidation de Abane, je dois vous dire que tous les écrits et les opinions ont un point commun, c’est que la révolution n’avait d’autre choix que de supprimer Abane »
Troisième leçon : C’est donc l’un des deux principes énoncés au Congrès de la Soummam, notamment « la primauté du politique sur le militaire » dans la conduite de la guerre d’indépendance qui lui a valu son exécution. Quant à l’assertion selon laquelle, « la révolution n’avait pas d’autre choix que supprimer Abane » est une manière d’assumer un assassinat qui aurait pu être évité. Il y avait un autre choix : celui de le destituer au lieu de le tuer. S’il était isolé et n’avait pas de partisans, il était plus facile de le déposer que de l’assassiner.
Quatrième leçon : L’assassinat d’Abane a été celui d’une Algérie politique par une Algérie militaire.
Toutefois, le projet Algérie, qu’il soit celui d’Abane, de Ben Bella ou de Boumediene, celui d’une Algérie politique ou d’une Algérie militaire était strictement le même. C’était celui d’une Algérie arabo-islamiste dans laquelle la Kabylie n’allait pas, de toutes les façons, trouver sa place.
Cinquième leçon : En vérité, pour ce projet Algérie, Abane ignorait qu’en tant que Kabyle, il n’était pas, pour ses adversaires, la personne qualifiée, l’homme de confiance qu’il fallait pour le mener à son terme.
Aujourd’hui encore, ceux des Kabyles qui rêvent du projet Algérie oublient toujours qu’il n’est qu’un cauchemar pour eux d’abord, leurs enfants et enfin pour toute la Kabylie.
M. Ferhat Mehenni