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venerdì 18 dicembre 2015

Philippe de Fontaine Vive, économiste et ancien vice-président de la BEI “L’Algérie peut devenir un Canada euro-africain”

d-lalgerie-peut-devenir-un-canada-euro-africain-c8aba.jpgIl estime que l’exemple du Canada pourrait beaucoup inspirer l’Algérie. Le Canada s’est développé parce qu’il a fait une entente commerciale majeure avec son grand voisin américain.
Le président du Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care), Slim Othmani, a estimé, avant-hier, lors d’un dîner-débat organisé à l’hôtel El-Aurassi, que le pacte économique et social, signé par le patronat, l’UGTA et le gouvernement “est plus que jamais d’actualité”.
Ce document, “dont le contenu a été malheureusement perdu de vue”, résume, selon le Care, le sens à donner au mot “inclusion”, un thème qui a été débattu lors de cette rencontre, grandiose, qui a rassemblé 300 invités venant d’horizons divers, économique, académique, culturel, médias, institutionnel et politique et animée par deux experts de renommée mondiale : Hernando de Soto, économiste libéral péruvien  connu pour ses travaux sur l’économie informelle, et Philippe de Fontaine Vive, économiste et ancien vice-président de la Banque européenne de l’investissement (BEI). “Nous ne pouvions pas trouver deux personnes mieux qualifiées pour nous parler d’inclusion économique”, a indiqué Slim Othmani.
Pour ce dernier, un des freins les plus puissants à la mise en œuvre des réformes profondes de l’économie algérienne est l’existence d’une population active en marge de l’économie réelle et en marge du système financier réel qui représente, selon les dernières estimations, plus de 50% du produit intérieur brut.
D’un autre côté, le président du Care estime que “l’inclusion de cette population au sein de l’économie réelle ne peut  s’accommoder d’un système financier qui tarde à se réformer et dont l’offre de financement a besoin d’instruments plus performants et plus en phase avec les exigences du monde moderne”. Il faut, peut-être, le rappeler, Care avait déjà, en 2012, tenté de sensibiliser le gouvernement sur l’importance de se pencher sur le secteur informel.
Les choses ont évolué. Entre-temps, le gouvernement a lancé le programme de mise en conformité fiscale, pour drainer l’argent de l’informel dans le circuit bancaire. Mais pour Hernando de Soto, l’économie informelle doit être regardée comme un tout.
À partir de l’histoire des États-Unis, Hernando de Soto montre que le développement économique ne peut se produire que lorsque le système juridique formel trouve les moyens d’intégrer toutes ces normes informelles, insistant sur le droit de propriété. Philippe de Fontaine Vive se dit étonné, en lisant les commentaires de la presse sur la loi de finances, que le raisonnement soit national au lieu d’être international, relevant l’urgence d’une intégration de l’Algérie à l’économie internationale. Les deux points forts de l’Algérie, que sont les hydrocarbures et la démographie, sont mis en cause “gravement” aujourd’hui. “Il ne faut pas être obnubilé par le marché domestique”, indique l’économiste. Philippe de Fontaine Vive estime que l’exemple du Canada pourrait beaucoup inspirer l’Algérie.
Le Canada s’est développé parce qu’il a fait une entente commerciale majeure avec son grand voisin américain. “L’Algérie peut devenir un Canada euro-africain”, a-t-il suggéré. “Il est urgent de prendre cette place sinon d’autres risquent de le faire”, a averti Philippe de Fontaine Vive. L’économiste a proposé trois pistes d’action, en matière d’inclusion financière. Premièrement, il propose de s’investir dans le microcrédit. La deuxième piste d’action concernant les banques.
Le secteur bancaire algérien est un de ceux qui a la marge d’intérêt la plus importante de la région. “Il n’y a pas assez de concurrence. Il n’y a pas de nouveaux entrants. Il n’y a pas assez d’incitation à prendre des risques sur les petites et moyennes entreprises”, a déduit l’économiste soulignant l’urgence d’une réforme bancaire. La troisième piste concerne le financement de grands projets par le marché à travers des financements structurés. “Vous avez une bonne image. Il faut l’utiliser maintenant pour investir dans des chantiers qui vont permettre la création d’emplois dans le secteur privé”, suggère l’économiste.
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