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martedì 19 gennaio 2016

Le quotidien difficile des immigrants africains

arton8431-029bc.jpgVenus du Burkina Faso, du Tchad, du Niger, du Sénégal, du Cameroun, du Nigeria, du Mali ou de la Côte-d’Ivoire avec l’objectif de se rendre en Europe, ils ont posé leurs valises en Algérie. Ils y resteront quelques mois ou quelques années, le temps de constituer un petit pécule pour poursuivre leur voyage. Le nombre d’immigrants africains s’accroît dans le pays. Quelle solution ?
Selon les autorités algériennes, ils seraient 20 000 en Algérie, alors que plusieurs associations parlent de 80 000, dont des Subsahariens. Le phénomène de l’immigration clandestine a atteint son paroxysme en Algérie du fait de l’insécurité, de la pauvreté et de l’instabilité qui règnent dans les pays voisins.
Depuis 2010, les frontières algériennes connaissent une arrivée massive d’immigrants clandestins, lesquels parviennent à franchir la ceinture sécuritaire déployée tout le long des frontières. Originaires de plusieurs pays africains, on compte au moins une vingtaine de nationalités. De véritables réseaux de trafic d’humains sont en pleine activité.
Ces réseaux perçoivent des sommes colossales pour acheminer les candidats à l’immigration en Algérie, via des bus, des véhicules 4X4 et parfois même à pied. A Alger sont installés plus de 8 000 immigrants clandestins. Aujourd’hui, ils vivent dans des communes limitrophes, dans le centre-ville de la capitale.
A Ouled Fayet, en passant par Chéraga, Baraki, El-Biar, et en arrivant à Kouba, Hydra et Bab Ezzouar, des milliers d’entre eux vivent dans des maisons, des appartements, des garages, des bidonvilles et sur des terrasses pour un loyer dont le montant dépasse l’imagination. A Oran, on compte plus de 4 000 immigrants. Comment vivent-ils et comment arrivent-ils à subvenir aux besoins de leurs familles ? La situation est dramatique pour certains immigrants africains.
Sans papier, ces derniers tentent tant bien que mal de faire face à un quotidien difficile. Nombreux sont ceux qui ont loué des garages à des prix avoisinant les 15 000 DA par mois, tandis que d’autres résident dans des lieux de transit. Les plus chanceux, voire les plus riches de ces immigrants, ont loué de luxueuses villas dans l’Algérois, dans l’Oranais ou dans d’autres régions du pays.
En revanche, beaucoup de femmes africaines, en situation irrégulière dans le pays, ont accouché de bébés dans les hôpitaux algériens. Une autre problématique qui s’ajoute à leur désarroi. Par ailleurs, des centaines d’immigrants africains ont été incarcérés dans des prisons algériennes dans le cadre d’affaires liées à la grande criminalité : escroquerie, trafic de drogue, de faux billets et d’armes.
Oran, passerelle vers l’Europe
Ils sont plus de 4 000 immigrants à vivre dans les quartiers oranais. La ville est prisée car Oran se trouve sur la route qui mène à la localité de Maghnia, à la frontière avec le Maroc. Il s’agit pour eux d’atteindre le sol européen, soit en franchissant la barrière des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, soit en prenant la mer à leurs risques et périls. Irène, elle, est partie de Douala il y a six ans.
Cette jeune femme a quitté le Cameroun en 2010 avec l’idée de trouver un emploi en Algérie qui l’aiderait à regagner le Vieux Continent. Elle a pris la route après avoir vendu toutes ses affaires. Première étape : le Nigeria – Lagos, Kano, puis le Niger – Maradi et Zinder, au sud, avant Agadez aux confins du Sahara et du Sahel.
« C’est là que tout se passe, raconte-t-elle aujourd’hui avec des mots choisis. Lorsque tu arrives à la gare, il y a beaucoup de monde, on te demande tout de suite où tu veux aller. » Après une semaine d’attente, elle est embarquée dans un camion, direction Arlit, la cité minière du nord du Niger.
A court d’argent, elle vend son téléphone portable et sa valisette pour 7 000 dinars. Le reste du voyage se fait en 4×4 jusqu’à Tamanrasset, dans le Sud algérien. « En réalité, on te laisse à plusieurs kilomètres, dans le désert, et tu te guides avec les lumières de la ville », confie-t-elle. Irène y reste une dizaine de jours jusqu’à ce qu’un Nigérian, impliqué dans le trafic d’humains, lui propose de travailler à Alger pour l’un de ses frères qui cherche quelqu’un parlant le français.
« En arrivant, j’ai vite compris que j’étais tombée dans une sorte de mariage. J’ai cédé, avoue-t-elle. Lorsque tu es une femme dans un monde inconnu, le seul refuge est de se mettre en couple. Etre avec un homme qui prenne soin de toi ». Irène finit par quitter Alger et regagner Oran, où elle aide aujourd’hui les migrants qui arrivent.
Dans le célèbre quartier populaire Coca, de la périphérie d’Oran, mieux vaut ne pas se faire remarquer, surtout quand on est Noir et sans papier. John, père de famille d’une trentaine d’années, arrivé du Liberia en 2010, vit ici avec sa femme Gloria et leurs deux petits enfants de 4 et 2 ans, tous les deux nés en Algérie.
Entre 2008 et 2010, John franchit à cinq reprises la frontière algérienne, mais il est à chaque fois refoulé. Depuis le conflit au Mali, l’Algérie ne renvoie plus systématiquement les clandestins dans le désert. Ce garage glacial, il le sous-loue 15 000 dinars (environ 130 euros). « On fait des petits boulots clandestinement.
On n’a pas de papiers, donc on n’a pas le droit de travailler, pas le droit de louer un logement », explique John. Ce qui ennuie le plus le couple, ce sont les enfants qui ne vont pas à l’école. Dans le garage aménagé, ils tournent en rond, surexcités, gribouillent sur un calepin. « Tu peux passer vingt ans ici, tu en seras au même point, comme si tu venais d’arriver », soupire-t-il.
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